Ayant pas mal lu ces derniers jours, je fais encore ma flemmarde en vous proposant un cocktail plutôt que de billets séparés.
La malédiction d'Edgar – Marc Dugain (TBR challenge) : à partir de la
personne d'Edgar Hoover, directeur du FBI pendant plusieurs décennies, l'auteur nous propose de passer au scanner la vie politique américaine avec un focus sur la famille Kennedy. Ce livre m'a
passionnée. A travers le regard passablement cynique de Hoover, on voit sous un autre angle la vie et les turpitudes des présidents successifs, les rapports entre politique et mafia et tout ce
qui fait l'arrière-cuisine de la politique sans que cela tombe dans la démagogie. Dugain s'en sort vraiment magistralement. La personnalité et les propos qu'il prête au bras droit et amant de
Hoover sont vraiment bien vus, aussi exécrable que puisse être ce Clyde Tolson. A lire, sans aucun doute ! (Folio / 500 p.)
La femme la plus riche du Yorkshire – Fouad Laroui : un jeune universitaire marocain, titulaire d'une chaire d'économétrie à l'université de York, se
retrouve plongé dans l'univers étrange et mouillé de la campagne anglaise. Pour échapper à l'ennui, il décide d 'effectuer une étude ethnographique du peuple anglais et note scrupuleusement sur
un petit carnet les détails de la vie quotidienne des autochtones en les observant au pub. De cette étude va naître une rencontre avec une terrifiante et richissime vieille dame anglaise. Voilà
ce qu'en dit grosso modo l'éditeur et honnêtement ça n'a pas pris. Le sujet s'annonçait truculent. Tout tombe à plat. Je me suis ennuyée, espérant à chaque chapitre que l'histoire allait, enfin,
commencer, en vain. On se demande finalement quel est le propos de l'auteur. De quoi parle ce livre ? Ma foi je serais bien en peine de le dire ! Je n'ai pas été sensible à l'humour (?!) de
Laroui, ce qui aurait pu me sauver. C'est court, dieu merci... (Julliard / 162 p.). Clarabel non
plus n'a pas accroché.
Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie – Yôko Ogawa : inutile d'essayer de dire de quoi parle les deux nouvelles rassemblées dans ce
livre. En effet, Ogawa parle de l'indicible et ne fait que suggérer l'état intérieur de ses personnages à travers des scènes parfois déroutantes. Le premier texte m'a souvent laissé perplexe sans
me déplaire pour autant. En revanche, j'ai beaucoup aimé la seconde histoire (Un thé qui ne refroidit pas) où une jeune femme trouve une certaine sérénité en fréquentant un ancien
camarade et sa femme alors que son propre foyer est sans âme. Ogawa y fait preuve d'une délicatesse stylistique merveilleuse. (Babel / 103 p.). Merci à Tamara pour le prêt et lire aussi la divine critique de
Lou.
Meurtre à Craddock house – Patricia Wentworth : Ross Craddock trouve la mort dans l'immeuble familial et personne ne semble le regretter. Il n'était
pas apprécié et ses voisins de palier, membres de sa propre famille avaient tous une raison (ou du moins le désir) de le voir disparaître. Clochette m'a offert ce livre lors du swap noir et j'ai découvert cet auteur avec beaucoup de plaisir. C'est tout à fait le genre de petit policier que j'aime : une énigme,
une enquête, pas d'hémoglobine plus que nécessaire, pas de prise de tête ou de sujet de société brûlant. Voilà ce que j'attends d'un polar : de la détente pure ! Et je n'ai pas été déçue. Les
pages défilent à toute allure car l'intrigue est fort bien menée. J'ai passé un vrai bon moment et je relirai des enquêtes de l'inspecteur Lamb. (10-18 / 285 p.)
Je dois aussi vous parler d'Expéron de Hélène Cruciani et de La vie intérieure de Martin Frost de Paul Auster mais ces deux livres auront un article bien à eux très prochainement.
Dis donc, tu n'as pas traîné, pour le Y. Ogawa... et vraiment, tu peux le garder encore ou le prêter aux Toulousaines, il n'y a pas d'urgence pour son retour sous la pluie parisienne !
Le Ogawa n'est vraiment pas épais !
Je vais voir si les Toulousaines sont intéressées sinon il rentre à la maison (il pleut ??)
Encore merci Tama !