
Une aide-ménagère est embauchée chez un ancien mathématicien qui suite à un accident de voiture n'a plus qu'une mémoire de quatre-vingts minutes. Chaque matin en arrivant chez lui, la jeune femme
doit de nouveau se présenter - le professeur oublie son existence d'un jour à l'autre - mais c'est avec beaucoup de patience, de gentillesse et d'attention qu'elle gagne sa confiance et, à sa
demande, lui présente son fils âgé de dix ans.
Quel beau livre ! J'aurais pu lire toutes les critiques possibles sur ce livre, je n'aurais jamais compris tout à fait à quel point Ogawa nous offre un cadeau avec ce roman. Il est plein d'humanité, de délicatesse. La relation entre le professeur, la narratrice et son fils est une ode à l'amitié, à la tendresse, aux rencontres précieuses. Ce qui aurait pu être une histoire tout au plus originale devient sous la plume d'Ogawa, un hymne à la beauté de l'âme humaine. Car, si ces trois êtres vont former comme un tout, c'est bien parce que chacun porte en lui une petite flamme qui le pousse au don de soi, quel que soit son âge ou sa situation. Chacun va offrir une part de lui aux autres et je crois que c'est cela le principal thème de ce livre et non pas les maths, certes très présents (sans parler du base-ball, ce à quoi on ne s'attend pas vraiment dans un livre japonais).
Par ailleurs, l'auteur sait nous faire voir les maths d'une façon très différente de celle que l'on nous présente habituellement. Je ne dirais pas que cela m'a passionnée à chaque fois mais cette approche originale est, elle, véritablement étonnante. L'amour que porte aux maths ce vieux prof est touchant. Il donne une personnalité aux chiffres et sans entrer tout à fait dans son monde, j'avoue que ça m'a pas mal bousculée.
En résumé, un livre que je conseille chaudement ! Ogawa m'a montré en deux romans qu'elle possédait un talent fou et je compte bien poursuivre ma découverte de son oeuvre.
Babel / 244 pages
Et bien moi qui n'était pas tenté par la littérature japonaise, tu vas finir par me convertir...
" mes salutations à ton portefeuille !!" >>> Ne m'en parle pas ! Oui parce que forcément, hein, je ne suis pas sortie de la librairie avec ce seul petit livre ! On sait jamais, il aurait pu déprimer, abandonné dans son sac plastique, je ne pouvais pas me rendre coupable d'une telle cruauté :p