
Dans un ancien foyer de jeunes filles transformé en laboratoire, M. Deshimaru,
taxidermiste du souvenir, prépare et surveille des "spécimens", tandis que la narratrice de ce récit, assistante et réceptionniste, accueille les clients venus confier au mystérieux spécialiste
d'insolites bribes de leur histoire : des ossements d'oiseau, quelques champignons microscopiques, une cicatrice, ...
Voilà un livre bien étrange. J'ai longtemps hésité à lire cet auteur car son univers me semblait malsain et peu ragoûtant. Après des années d'usure par Elodie et à l'occasion d'un challenge ABC,
j'ai enfin cédé et je ne le regrette pas du tout. Certes, c'est vraiment très spécial mais la quatrième de couverture a raison, c'est fascinant. On est constamment mal à l'aise et pourtant on
veut savoir, on se demande même si l'auteur ne nous mène pas en bateau en voulant nous faire croire à des choses bizarres quand tout ne serait que très banal. C'est ainsi que ce très court livre
se lit d'une traite.
Je ne tiens pas à parler trop concrètement du livre parce que je crois qu'il est de ceux qu'il faut découvrir au fur et à mesure si on veut être dans cette ambiance mystérieuse et évoquer les
thèmes qui le parcourent donne un peu trop d'indices à mon sens. Cela dit, les liens vers d'autres avis en fin de billet pourront éclairer ceux qui veulent en savoir plus avant de se
lancer.
J'ai beaucoup aimé le style d'Ogawa. C'est vraiment bien écrit dans un style clair et efficace qui m'a semblé bien agréable. Rien que pour cela je relirai cet écrivain. Je ne pense pas que je pourrais devenir accroc à cet auteur car son univers reste trop loin de moi mais il y a une vraie richesse dans ce livre qui fait que j'ai envie de mieux connaître son oeuvre.
Cela reste très « japonais », donc très bizarre pour moi. Il y a une froideur et un détachement qui me laissent toujours frustrée. Cela dit, j'ai été moins gênée avec ce roman qu'avec d'autres oeuvres d'écrivains japonais dans lesquelles je n'avais pas pu entrer.
Voilà un livre très profond et aux relents poétiques qui vaut vraiment le détour.
Babel / 92 pages
Livre lu dans le cadre du challenge ABC 2008 (2/26).
La phrase que je retiens : " Les spécimens sont là pour enfermer leur inquiètude".
Les avis de Laurence (Biblioblog), Sylvie, Katell.
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