(j'espère que la photo est assez grande ;-)
Je suis "contrainte" de revenir un peu plus tôt que prévu pour célébrer l'anniversaire de ce cher Paul (comme dirait Carson), mon écrivain de février (qui l'eut cru ?) pour le challenge Celebrate the author (au passage, merci tout plein à ceux qui m'ont écrit et à celle qui m'a téléphoné.
Ca m'a fait très chaud au coeur...).
Que vous dire sur Paul Auster que je n'aurais pas encore bassiné ? ;-)
L'essentiel, quand même : il est né le 3 février 1947 à Newark dans le New Jersey. Ses grands-parents sont originaires d'Europe centrale et de Pologne. C'est à l'âge
de 10 ans qu'il découvre la bibliothèque d'un oncle, traducteur d'Homère et de Virgile en anglais : « Ce fut ma première bibliothèque. Sans ces
ouvrages, je ne serais peut-être pas devenu écrivain. » Un grand merci donc à cet oncle pour m'avoir permis de lire un jour, presque par hasard, un extrait de Cité de verre, ce qui marquera le début de notre histoire d'amour littéraire à Paul et à moi.
A la fin de l'adolescence, il part en Europe pour la première fois. Il y reviendra par la suite et étudiera même à la Sorbonne. Peut-être sont-ce ces voyages qui lui
ouvriront l'esprit sur le monde mais toujours est-il que cet écrivain qui nous propose souvent des thèmes très Américains, les aborde bien souvent sous un angle différent de ses confrères. Il est
d'ailleurs considéré comme un des écrivains Américains contemporains les plus Européens dans l'âme.
On retrouve dans ses livres la quête du père (le décés du sien donnera lieu à l'écriture de L'invention de la solitude, un livre qui m'avait mise mal à l'aise mais qui a sûrement été un exutoire pour l'auteur), d'un repère,
mais aussi la solitude, l'errance et une sorte de désespoir face au monde (il suffit de lire Le voyage d'Anna Blume pour s'en convaincre) contrebalancé par une certaine croyance dans le potentiel d'humanité de chacun (ce qui ressort particulièrement dans Brooklyn Follies). Il revient aussi souvent sur l'idée d'enfermement et en même temps sur les grands espaces, déserts ou
villes tentaculaires.
Et puis, ce qui est finalement devenu une marque de fabrique chez lui, ce sont ses histoires en poupées russes, procédé dont le paroxysme est atteint avec La nuit de l'oracle et ses notes de bas de page offrant des histoires complètes.
Ce que j'aime chez Paul Auster aussi, ce sont les liens qu'il créé d'un livre à l'autre et les jeux de mots autour des noms des personnages. On pourrait quasiment
écrire une thèse sur le sujet. Plus on lit cet écrivain, plus on se plaît dans son univers tant il créé des connivences avec ses lecteurs. Le summum de cet enchevêtrement de références a eu lieu
avec son dernier roman Dans le scriptorium.
Comme beaucoup le savent, je pourrais écrire des pages sur cet écrivain mais je m'arrêterais en signalant qu'il faut lire Moon palace, que ce livre renferme beaucoup de l'auteur même s'il a évolué depuis.
Je me suis diablement éloignée de l'idée de biographie synthétique mais pour moi, fêter mon écrivain favori c'était plus que cela (et encore je vous ai épargné un
paragraphe sur ses films, les essais et les poèmes – ces derniers étant relativement obscurs à mon goût. J'aurais pu parler aussi des écrivains qui l'ont marqué comme Hawthorne, etc mais on en
aurait pour un moment ;-).
Allez, finissons avec un peu de people. Pour ceux qui l'ignoreraient encore, Paul Auster est marié (en secondes noces) à l'écrivain Siri Hustvedt. De leur union est née Sophie qui s'est lancée dans la chanson l'an dernier. D'un précédent mariage, est né un fils, Daniel, visiblement photographe.
Quant aux livres que je me propose de lire ce mois-ci (et oui, je compte en lire plusieurs), il s'agira de Moon palace (en VO après deux lectures en VF), du
scénario de son dernier film The inner life of Martin Frost et d'une relecture de Tombouctou.
Bon anniversaire Paul et merci pour tout le bonheur que vous m'avez apporté à ce jour !
(Lector in fabula, ma lecture prévue pour janvier est reportée. Impossible de me concentrer sur un truc pareil dans mon état donc je me laisse le temps qu'il
faut pour le finir mais je vous en parle d'ici le 31 décembre, promis et, sauf retournement de situation, c'est mortel :S)
P.S. : merci Kroustik ;-)
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