Dimanche 23 mars 2008

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Sandrine Laguibson, la trentaine, a réalisé son rêve d'estivante : habiter toute l'année à Soulac, une station balnéaire de la pointe de Grave. Ses deux enfants sont nés dans la région, ainsi que son époux, leurs amis. Survient " l'Étranger ", Arnaud, le Parisien, en repérage pour les besoins d'un film. Sa fréquentation ouvre à Sandrine un nouvel horizon. Et creuse une brèche, par où la rumeur s'engouffre.


Ce que j’ai le plus aimé dans ce roman, c’est le regard de l’auteur sur les gens. La douceur de sa plume pour décrire Sandrine m’a particulièrement touchée. C’est plus l’écriture que l’histoire qui m’a portée. L’intrigue est somme toute banale bien que le contexte régional exacerbe les sentiments de chacun avec pour commencer la méfiance envers les « étrangers » et un certain contentement à être entre gens du coin. L’auteur navigue fort bien d’ailleurs entre les différents points de vue. J’ai été étonnée qu’il s’excuse en fin d’ouvrage auprès de ses amis du Médoc pour avoir adopté le point de vue d’un étranger. Pour ma part, il équilibre très bien les choses entre l’intérieur et l’extérieur et la caricature est totalement absente de ce roman.

L’alternance entre la douceur de l’amour et la violence du drame qui couve est très bien rendue également. L’évolution de Sandrine est également réussie. Moi qui craignais qu’en la prenant pour héroïne, l’auteur nous offre une histoire un peu fade, j’ai vu mes craintes fondre au fil des événements.

Je relirai sans tarder Eric Holder car il a su me prendre dans ses filets.

 

Seuil / 187 pages (sortie poche début avril)

 

L’avis de Florinette


TBR challenge (4/24), sélection de Gambadou

publié dans : Littérature francophone par Flo
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Samedi 22 mars 2008
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Les détectives Patrick Kenzie et Angela Gennaro ont affaire à un client hors du commun. Pour s'assurer leurs services, le milliardaire Trevor Stone ne trouve rien de mieux que de les kidnapper en pleine rue. Il faut dire qu'il est aux abois : son épouse est morte dans un terrible accident de voiture, il est atteint d'un cancer incurable et sa fille Desiree a disparu. Fait troublant, l'enquêteur chargé de retrouver la jeune fille a également disparu.


J’avais lu que ce troisième volume des aventures de Patrick Kenzie et d’Angie Gennaro était un poil en-dessous des autres, voire carrément mou. Malheureusement, c’est vrai…
Certes, j’ai lu ce tome d’une traite comme les précédents mais sans la même fièvre. Ce qui m’a intéressée, c’est uniquement de voir évoluer nos deux héros. Ils m’ont plu dès le départ et leurs vies, leurs états d’âme me concernent toujours autant. Dans le même ordre d’idées, j’ai regretté que Bubba ne soit que très peu présent (c’est bien le seul psychopathe qui m’ait jamais paru « sympathique »).

L’intrigue, en revanche, n’est pas vraiment passionnante. Mon cœur n’a pas palpité une seule fois tant la tension est proche du néant. D’ici un ou deux mois, j’aurai sûrement oublié la majeure partie de ce livre. Pas d’adrénaline, pas de grands déchirements et une surdose d’humour qui laisse songeur… En effet, j’aime beaucoup l’humour dont fait preuve Lehane mais, cette fois, il a trop forcé sur la dose. On a parfois le sentiment que les personnages font un concours de bonnes réparties et on doute lire un thriller. J’aime rire mais je ne lis pas Lehane pour cela. J’avais juste envie d’un bon polar haletant et je n’ai pas eu le sentiment d’en avoir eu pour mon compte. J’espère vite lire le quatrième tome, Gone, baby, gone, afin d’oublier ce volet un brin transparent.


Rivages / 410 pages


Mes mini-critiques :

Un dernier verre avant la guerre (T1)
Ténèbres prenez-moi la main (T2)
publié dans : Littérature traduite par Flo
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Mercredi 19 mars 2008

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Après des siècles de léthargie – et même presque d’oubli –, les vieux chemins de Compostelle se sont réveillés. Depuis une bonne décennie, ils répondent à un engouement qui ne se tarit pas et va en s’amplifiant au fil des ans. Pourquoi ? Nul ne le sait vraiment. Besoin d’espace et de vie plus vraie, sans doute. Le motif du départ répond le plus souvent à un défi sportif, à un désir hédoniste ou à une soif culturelle. En chemin, le voyage se transforme en échange avec les autres, en introspection de soi-même, en quête spirituelle.


Voilà le genre d'ouvrage qui m'attire par son côté « beau livre » mais que je n'achète qu'exceptionnellement par manque d'imagination. J'étais donc très heureuse de recevoir ce livre via Masse critique et cela m'a donné envie d'innover dans mes achats de livres.
 

Ce livre est une petite perle ! On peut commencer par simplement le feuilleter et admirer les somptueuses photos. Les paysages sont très divers mais toujours bien choisis. On alterne vues naturelles et monuments, sentiers désertiques et campagnes verdoyantes, vues d'ensemble et détails marquants, de la Bretagne à l'Espagne en passant par le Massif Central.

 

Puis on lit les têtes de chapitres : histoire, religion et spiritualité, et, le principal : les chemins. On entre doucement dans l'ambiance.

 

On remarque au passage le soin apporté aux moindres détails : papier de qualité, présentation soignée, lettre enluminée en début de chapitre, cartes, surempressions, etc.

 

La route commence dès l'introduction qui résume fort bien le propos du livre, à mi-chemin entre le guide touristique et le récit personnel, une « invitation au dépaysement ».

 

J'ai grandi et je vis à nouveau dans une région où serpentent le chemin du Puy et la Via Tolosana. Depuis toujours, je côtoie des lieux jacquaires mais jusqu'à ce jour ma curiosité à l'égard de l'histoire de ce pélerinage était restée très superficielle. Je connais Conques, Moissac, Figeac, Cahors, Espalion, Toulouse, etc. Je sais que des gens s'arrêtent dans ces lieux en raison de leur rapport à Compostelle mais je suis restée une éternelle touriste (et je déteste la marche, il faut bien le dire !).

 

Et bien, j'ai été conquise dès les premières pages. J'étais prête à partir à la première occasion dès la fin des introductions... Jusqu'à ce que l'auteur évoque les douleurs et les ampoules que j'étais prête à oublier.

 

Voilà un livre qui m'a fait réfléchir sur ce pélerinage que je n'ai jamais envisagé de faire. Jean-Yves Grégoire évoque combien on peut commencer un des circuits vers St-Jacques comme un touriste sportif pour finir par se laisser prendre par « autre chose ». Cheminer seul, loin du monde frénétique dans lequel nous vivons et dans des paysages que l'on oublie de regarder des vitres de nos voitures nous oblige à nous confronter à nous-mêmes, à revenir à des questions que l'on occulte au quotidien. J'ai aimé ces souvenirs de rencontres entre pélerins qui se retrouvent avec des habits quasi-identiques alors que hors St Jacques certains n'auraient jamais eu l'occasion de se croiser et encore moins de discuter.

 

Certaines photos m'ont émues : un bâtiment pour sa beauté simple, un paysage pour sa sérénité, un chemin bordé de platanes près du Canal du Midi parce que c'est mon coeur, ma chair, mon quotidien, une lumière qui tombe sur la pierre, un lierre accroché à un pilier, un arc de triomphe romain dans un champ fleuri, ...

 

Jean-Yves Grégoire raconte magnifiquement bien. Son écriture est belle et agréable. Il sait de quoi il parle et ne se contente pas de jouer au guide. Il a des souvenirs sur tous ces chemins.

 

Enfin, ce livre m'a donné envie de me plonger dans des romans historiques (ce que je n'aime pas trop) tant ces routes entremêlent les vestiges de nombreuses époques.

 

Ce texte n'est pas une critique bien ordonnée mais il est à l'image des battements de mon coeur au fil de ma lecture. Voilà un livre qui va trouver une place d'honneur dans ma bibliothèque et j'ai déjà repéré du même auteur, chez le même éditeur : Le Canal du Midi et le canal latéral à la Garonne à pied, à vélo (je vous ai dit que je suis réfractaire au vélo ?...).

 

Rando éditions / 255 pages


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publié dans : Théâtre, poésie, inclassable par Flo
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Vendredi 14 mars 2008

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Jean-Paul Kauffmann a été détenu au Liban pendant trois ans dans le cadre de son métier de journaliste. A son retour, il achète une maison, perdue dans la forêt landaise.

 

Je me souviens de cette époque où le journal télévisé s'ouvrait sur les photos des otages au Liban avec le compte des jours de détention... Je me souviens aussi du jour de la libération et de l'absence de Michel Seurat, décédé en captivité. C'est le genre d'images que l'on oublie pas. Les enlèvements rythmèrent la seconde moitié des années 80 au point de marquer l'enfant que j'étais. Il faudra une vingtaine d'années à Kauffmann pour coucher sur le papier son retour à la vie « normale ».

 

Bien que présentant des qualités indéniables ce récit m'a assez déçue. Je l'ai traîné comme un boulet pendant trois semaines. Les longueurs sont telles que l'on finit par s'embourber et l'on n'en peut plus des mouvements des tilleuls dans le vent !

 

Pourtant, ce livre nous montre bien le processus de remise en route de Kauffmann et combien cette maison dans la clairière a constitué un sas entre la captivité et le monde libre. Son besoin de solitude, cette nécessité de renouer avec les choses essentielles comme la nature mais aussi le goût (et en particulier celui du vin), de ne pas se brusquer, de vivre à son rythme. Il explique également très bien, par petites touches, les conséquences de sa détention : ce qui lui a manqué, ce qui a été détraqué en lui (son goût pour la lecture, notamment, qui s'est évanoui). J'ai ressenti une grande empathie à son égard. Il revient plusieurs fois sur l'aide que lui ont apporté les mots à travers les quelques livres qu'il a pu avoir entre les mains de sa cellule mais aussi grâce aux livres lus avant son enlèvement et dont les souvenirs l'ont aidé à garder une certaine santé mentale. Cette rééducation au milieu de la nature m'a semblé saine. En revanche, ses envolées lyriques sont parfois consternantes. Le journaliste ne réussit pas à devenir romancier et il manque quelque chose pour faire de ce livre un témoignage captivant.

 

Il n'en reste pas moins que j'aime le principe de cette collection. Fashion a parlé récemment de A Garonne de Philippe Delerm ; quant à moi je lirai bientôt La maison de l'été de Patrick Cauvin et j'ai en ligne de mire l'ouvrage de Catherine Clément, Maison mère.

 

Nil / 295 pages

 

« Je ne cherche pas l'isolement mais la solitude... Je vis à l'écart mais je ne refuse pas pour autant la compagnie. Les solitaires sont presque toujours hospitaliers. J'ai seulement besoin de paix, de recueillement. Le dehors m'intéresse de moins en moins. »

 

« Au commencement de la vie active, quelques volumes sont rangés sur une étagère... A mesure que les années passent, ils prolifèrent insidieusement... »

 

« Comme beaucoup de gros liseurs, j'ai longtemps entretenu un commerce névrotique avec les livres. »

 

« Le lien profond qui m'attachait aux livres est bien rompu. Je tiens cette cassure pour une véritable infirmité... Je suis entouré de livres et je n'ai pas faim. Je picore, j'avale mais je ne finis pas. »




D'autres avis (plus enthousiastes) :

Cathe
Cathulu
InColdBlog
Sylire

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Jeudi 13 mars 2008

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Au début (au sens très large du terme), cet ouvrage ne m'a pas vraiment convaincue. L'auteur dresse un portrait classique de la classe politique et se contente d'enfoncer des portes ouvertes. A moins d'être d'une naïveté confondante, chacun sait qu'un ouvrage publié par un homme politique a été écrit par un nègre, qu'il y a des personnes intègres et d'autres nettement moins, etc. En revanche, l'intérêt du livre réside dans le fait que l'auteur a travaillé pour à peu près tous les partis modérés d'après ce que l'on comprend (personne n'est jamais cité, seuls des indices – souvent très parlants – sont donnés).


 

Rien de fracassant, rien d'essentiel non plus... Pourtant, au fil des pages, j'ai fini par me détacher des propos eux-mêmes pour comprendre qu'Eric Dumoulin voulait essentiellement nous faire partager le quotidien de son métier aux multiples facettes sans prétendre avoir écrit une bombe (enfin, je ne peux qu'espèrer que l'auteur en est vraiment conscient comme cela m'a paru être le cas, sinon c'est une bombe qui fait « pschitt » comme dirait l'autre...). Car être nègre est un statut particulièrement ingrat. J'imagine que publier un ouvrage à son nom doit faire du bien à l'amour-propre (l'auteur ne le cache pas).

 


 

J'ai aimé son ton cinglant (au sujet des énarques : « des Raéliens qui s'ignorent ») et sa façon de se moquer des effets du pouvoir (« ... le jeune assistant [parlementaire] commence assez vite à enfler, à se donner des airs. Il faut le comprendre. Il tutoie le Pouvoir, le vrai. ») d'autant plus qu'Eric Dumoulin manie également très bien l'auto-dérision.

 


 

La fin m'a beaucoup plue parce que l'auteur évoque la période qui a suivi l'effondrement du rideau de fer. C'est un sujet qui me passionne et je regrette encore de n'avoir été qu'adolescente à ce moment-là et n'avoir pas pu partir explorer ces mystérieux pays de l'Est. Aujourd'hui, rien n'est plus pareil. L'expérience de Dumoulin dans ces pays libérés du communisme est rafraîchissante. On retrouve bien sûr ce qui fait l'âme humaine confrontée au pouvoir mais le contexte très différent de celui d'une démocratie établie (ou du moins d'un pays faisant valoir son fonctionnement démocratique) rend ses interventions plus rocambolesques car tout ou presque est à inventer, en passant par l'art de communiquer.

 


 

Finalement, c'est un livre qui se lit sans passion mais avec plaisir pour peu que l'on use du compte-gouttes (prescription personnelle : un chapitre avant le coucher ;-)

 


 

Robert Laffont / 160 pages

publié dans : Récits, (auto)biographies par Flo
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